Chaque année, à l’approche des premières gelées, le même scénario se répète sur les balcons et terrasses : les géraniums fanés finissent à la poubelle ou sur le tas de compost, condamnés par le froid. Et chaque printemps, il faut retourner à la jardinerie pour racheter de nouveaux plants, parfois à plusieurs euros la pièce. Pourtant, ce cycle n’a rien d’une fatalité. Les géraniums de balcon, que les botanistes appellent plus précisément pélargoniums, ne sont pas des plantes annuelles vouées à mourir chaque hiver. Il existe une méthode simple, gratuite et peu connue pour les faire traverser la saison froide et les voir refleurir dès les beaux jours.
- Les géraniums sont en réalité des pélargoniums, des plantes vivaces frileuses qui craignent le gel mais pas le froid en lui-même.
- Avant les premières gelées, il faut rabattre les tiges aux deux tiers et supprimer les parties abîmées pour préparer la plante au repos hivernal.
- On peut conserver les pélargoniums en pot dans un local hors gel ou en les suspendant racines nues, puis les rempoter au printemps dès la fin des gelées.
Pourquoi les géraniums sont en réalité des plantes vivaces
L’erreur vient d’une confusion largement répandue. Dans le langage courant, on appelle « géranium » une plante qui appartient en réalité au genre pélargonium, originaire d’Afrique du Sud. Dans son climat d’origine, où les températures peuvent descendre sous zéro en hiver, cette plante vit naturellement plusieurs saisons sans jamais disparaître. En France, le problème ne vient pas de la plante elle-même mais du gel, auquel elle ne résiste pas du tout. C’est cette fragilité au froid qui a fait croire, pendant des décennies, que le géranium était une annuelle à jeter chaque automne. En réalité, il s’agit d’une vivace frileuse : tant qu’on la protège des températures négatives, elle peut repartir et fleurir plusieurs années de suite, exactement comme un laurier-rose ou un olivier en pot que l’on rentre l’hiver.
Comment préparer et rabattre les pélargoniums avant les premières gelées
Le moment clé se situe juste avant les premières gelées, généralement en fin d’automne selon les régions. Il faut agir avant que le gel n’endommage les tissus de la plante, sans quoi la conservation devient beaucoup plus difficile. La première étape consiste à supprimer les fleurs fanées, les feuilles jaunies et les parties abîmées. Ensuite, il faut rabattre les tiges aux deux tiers de leur hauteur, à l’aide d’un sécateur propre et bien aiguisé. Cette taille sévère peut sembler radicale, mais elle permet à la plante de concentrer son énergie sur la survie plutôt que sur une croissance inutile pendant l’hiver. Une fois taillée, la plante entre dans une forme de repos végétatif, un peu comme un animal qui hiberne : elle ralentit son activité pour économiser ses ressources jusqu’au retour des beaux jours.
Les deux méthodes pour conserver ses géraniums gratuitement jusqu’au printemps
Deux techniques permettent de faire passer l’hiver aux pélargoniums sans dépenser le moindre euro. La première consiste à conserver la plante dans son pot et à la stocker dans un endroit frais mais hors gel, comme une cave, un garage ou une véranda non chauffée, où la température reste idéalement entre 5 et 10 degrés. L’arrosage doit être très limité pendant toute la période, juste de quoi empêcher la motte de se dessécher complètement. La seconde méthode est plus surprenante mais tout aussi efficace : elle consiste à arracher le plant, à secouer délicatement la terre des racines, puis à suspendre la plante tête en bas dans un local frais, sombre et hors gel, sans arrosage ni terre. Les racines nues restent ainsi en dormance pendant plusieurs mois. Voici les points essentiels à retenir pour réussir cette conservation :
- Choisir un local qui ne descend jamais sous zéro degré
- Vérifier l’état des plants une à deux fois par mois
- Supprimer les parties qui montrent des signes de pourriture
- Replanter en pot dès que les gelées ne sont plus à craindre, au printemps
Au retour des beaux jours, il suffit de rempoter les plants dans un terreau frais, de reprendre un arrosage normal et d’installer les pélargoniums à la lumière progressivement. En quelques semaines, les tiges repartent et les premières fleurs réapparaissent, sans qu’il ait fallu débourser le moindre centime.
Adopter ce geste, c’est à la fois faire des économies année après année et réduire le gaspillage de plantes encore parfaitement vivantes. Un petit changement d’habitude, presque anodin, qui change pourtant durablement la manière de voir ses jardinières chaque automne.

