Eau de Javel, vinaigre blanc ou simple savon à vaisselle : face aux points noirs du joint de douche, chacun a sa recette, souvent héritée d’une grand-mère. Ces trois produits ne font pas du tout le même travail, et le choix dépend moins de la tache que du matériau sur lequel elle pousse. Au Québec, où l’hiver enferme l’humidité dans les maisons pendant cinq mois, la question se pose dans presque chaque foyer.
Comparer les trois produits du placard
Le savon à vaisselle dilué dans l’eau tiède décolle la moisissure des surfaces lisses, et c’est précisément ce que Santé Canada recommande pour les petites zones : pas besoin de javellisant. On frotte avec une éponge, on rince, on sèche bien. Le vinaigre blanc, apprécié pour son côté naturel, nettoie correctement les joints et laisse une surface légèrement acide où les spores reviennent moins vite, sans miracle pour autant. L’eau de Javel, enfin, blanchit la tache de façon spectaculaire, ce qui donne l’illusion d’un travail fini, alors qu’elle pénètre mal les matériaux poreux et dégage des vapeurs irritantes dans une petite salle de bain fermée. Jamais de mélange entre Javel et vinaigre, ni entre Javel et ammoniaque : les gaz produits sont dangereux.
Aucun de ces produits ne règle une tache qui revient. Quand une odeur de moisi persiste sans tache visible, ou quand une tache réapparaît toujours au même endroit sur un mur extérieur, c’est souvent le signe d’un problème caché derrière la surface. Un laboratoire comme Benjel peut alors faire des prélèvements d’air ou de surface pour savoir quelles moisissures sont présentes et en quelle quantité, ce qui évite de démolir un mur au hasard.
Distinguer le lisse du poreux
Sur la céramique, le verre, le métal ou le vinyle, la moisissure reste en surface et part au nettoyage. Sur le gypse, le bois brut, le carton du placoplâtre ou le joint de silicone ancien, elle s’installe dans la matière. On peut frotter pendant une heure, les taches reviennent au bout de quelques semaines. Dans ce cas, on remplace le joint, ou on découpe la section de gypse atteinte après avoir réglé la fuite.
Mesurer avant de frotter
Le nettoyage ne règle rien si l’humidité reste. Un hygromètre posé dans la salle de bain et dans la chambre la plus froide donne une idée claire en une semaine. Santé Canada vise une humidité relative entre 30 et 50 %, plutôt vers le bas de cette plage par grand froid pour éviter la condensation sur les fenêtres.
Les gestes qui comptent le plus ne coûtent presque rien : faire tourner le ventilateur de la salle de bain pendant et après la douche, laisser un espace entre les meubles et les murs extérieurs, sécher la buée sur les vitres le matin. Dans un sous-sol, un déshumidificateur réglé autour de 45 % et vidé régulièrement fait souvent plus que n’importe quel produit ménager. Pensez aussi à nettoyer le filtre de la hotte et de l’échangeur d’air, si la maison en a un.
Savoir passer la main
Santé Canada considère qu’une surface moyenne, jusqu’à trois mètres carrés au total, peut souvent être nettoyée soi-même avec gants, lunettes et masque. Au-delà, ou après un dégât d’eau dans un sous-sol fini, on confie le travail à un professionnel. Les consignes complètes figurent sur la page Moisissure de Santé Canada.
Le savon et l’éponge gardent leur place dans le placard. Ils règlent les petites taches. Pour le reste, il faut d’abord trouver l’eau, puis seulement choisir son produit. Une éponge utilisée sur une tache de moisissure se jette ensuite, elle ne retourne pas dans l’évier de la cuisine.

